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vendredi 13 mars 2015

Vincent Van Gogh, Peintre de Marine !



Cet autoportrait de l’artiste réalisé à Paris en 1887 montre un homme détendu, curieux et relativement équilibré, loin des images de ses autres portraits d’artiste anxieux.
(huile sur toile,  41 x 32,5 cm, Musée Van Gogh, Amsterdam)

Vincent Van Gogh, Peintre de Marine !


Voilier sur la Seine à Asnières, été 1887, Van Gogh

Il y a toutes sortes d’ouvrages, ceux que l’on écrit pour le lendemain, en général ceux-là passent au pilon l‘année suivante, ceux que l’on mijote pour l’année suivante, et ceux qui restent en projet des années et constituent un monument une fois publiés.

Avec Jacques Taglang, nous nous sommes, en 2002, mis dans la tête que nous allions réaliser un ouvrage sur l’Impressionnisme et la Plaisance sur la Seine. Treize ans se sont écoulés depuis, et nous sommes près du but. Résumé en chiffres, 150 tableaux, 150 plans de bateaux, 800 pages et plus de 10 kilos, cela représente quand même une dizaine de milliers d’heures de travail.

Dans cette quête de recherche des tableaux et productions des impressionnistes, cette anecdote est particulièrement significative. Or un beau jour, l’ami Philipe Quentin passe me voir, il a dans son sac une feuille découpée d’un ouvrage du début du XXe siècle. Un dessin de clipper de la Seine, dessiné par Van Gogh !

Voilier sur la Seine à Asnières, été 1887. Le clipper a une coque bleue, nous précise Van Gogh, dessiné à Asnières avec vue sur Clichy. Les nombreuses annotations de couleurs reflètent bien l’esprit de l’artiste qui écrit à sa sœur : « Cet été tandis que je peignais des paysages à Asnières, j’y ai vu plus de couleurs qu’auparavant. »
(crayon sur papier,  53,8 x 39,5 cm, Musée Van Gogh, Amsterdam)

Incroyable, même Gustave Caillebotte qui a dessiné comme architecte naval une vingtaine de voiliers n’a jamais représenté un de ses bateaux avec autant de détails.

Depuis qu’il est arrivé à Paris, en mars 1886, Van Gogh s’est fait des amis à l’atelier de Cormon. Émile Bernard l’invite plusieurs fois chez ses parents à Asnières et il rend souvent visite à Signac qui y demeure, à partir du mois de mai 1887. On connaît le goût de Paul Signac pour la voile, et l’admiration de Van Gogh pour Monet qui a largement représenté les voiliers du bord de Seine dans les années dix ans auparavant. Son frère Théo, marchand de tableaux, a vendu alors pas moins de 23 toiles de Monet.

Perspective montée sur le dessin de Van Gogh pour reconstituer le plan de voilure du clipper d’Asnières

Cette représentation est exceptionnelle dans l’œuvre, car il n’existe pas d’esquisse de l’artiste comportant, comme sur ce dessin au crayon, les mentions des couleurs pour un projet de toile. Il est impossible de savoir si une toile a été peinte, et si c’était le cas, elle a complètement disparu.

En montant la perspective sur le dessin de Van Gogh, il est possible de reconstituer le plan de voilure du Clipper. Van Gogh considérait son voyage à Paris comme indispensable à son art. Aussi c’est très scrupuleusement qu’il a croqué ce dessin en respectant la perspective. 


Plan de voilure du Clipper d’Asnières par François Chevalier d’après le dessin de Van Gogh    

Dans notre prochain ouvrage, vous pourrez en découvrir le plan de forme…

François Chevalier

Contact : jactag@gmail.com


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