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lundi 16 avril 2012

VOLVO OCEAN RACE - YACHT DRAWINGS - DESIGN EVOLUTION - 2001-2002, 2005-2006 & 2011-2012

FOR THE FIRST TIME ON THE WEB
POUR LA PREMIERE FOIS SUR LE NET

THE VOLVO OCEAN RACE YACHT DESIGNS - 2001 - 2012

LES PLANS DES VOILIERS DE LA VOLVO OCEAN RACE - 2001 - 2012


Evolution of the Volvo yacht designs since 10 years !


Evolution des formes de carènes des voiliers de la Volvo depuis 10 ans !


                                                                                                                                                    - English translation to come soon... ;-)


Pour réaliser ces plans, dessinés sur calque, j’ai observé les coques en construction ou à leur sortie de chantier, m’aidant des berceaux qui supportent les coques à terre, en tenant compte des personnalités des architectes et surtout en restant dans les jauges correspondantes. Ainsi j’ai pu dessiner ces plans avec une assez bonne précision. Dès que les voiliers ont reçu leurs appendices, j’ai pu finaliser ces plans, réalisés en 2001, 2005 et 2011.


2001-2002

En 2001, la nouvelle jauge qui définit les VO 60 autorise le gréement carbone, ce qui va booster ces voiliers et modifier profondément leur comportement.

Sur les huit candidats à la victoire, six plans conçus par Farr Design prennent le départ : Assa Abloy, Illbruck, News Corporation, Team SEB et Team Tyco. L’équipe du Nautor Challenge a fait construire deux bateaux dont un signé Bruce Farr, Amer Sport Two, l’autre, Amer Sport One, étant de la main de German Frers, Jr., “Mani Frers“. Le skipper Grant Dalton a réservé son choix jusqu’au dernier moment, laissant le voilier de Farr à l’équipage féminin de Lisa McDonald. Enfin, le huitième est le Norvégien Djuice Dragons, conçu par Laurie Davidson.

©François Chevalier

Ce qui frappe aujourd’hui en regardant les trois dessins, c’est d’une part l’étroitesse de la flottaison des voiliers, et d’autre part, le creux assez prononcé des coques. Les trois concepteurs ont en effet créé des coques étroites, munies de ballasts le plus à l’extérieur possible, avec un petit bouchain arrondi, jauge oblige, au niveau du maître-bau.

©François Chevalier
Pour Farr, un bateau doit être une « luge » coupée conformément aux exigences de la jauge. La coque semble taillée à la serpe : l’avant est coupé en pointe selon un plan incliné suivant un tracé de pont rectiligne de l’étrave jusqu’au mât. Suit une seconde coupe verticale sur 50 cm et parallèle sur chaque bord. Celle-ci se prolonge loin sur l’arrière. Enfin l’ultime taille intervient sur les flancs, à 45° vers le bas de la quille jusqu’à la mesure de chaîne. Elle se prolonge sans artifice jusqu’au tableau arrière. Laurie Davidson a privilégié la sécurité et créé une forte réserve de flottaison sur l’avant, pénalisée par une grande surface développée. Le voile de quille de Djuice semble important par rapport aux autres.

©François Chevalier




Le plan de Nani Frers montre une plus grande raideur, avec des flancs moins évasés que ceux de ses concurrents, et une étrave plus rasante. Son voile de quille, légèrement en avant du mât, favorise les allures de près, mais rend le voilier volage aux allures portantes. Son plan de voilure et très reculé, avec un mât proche du milieu.
Il est intéressant de constater que sur les trois plans, les lests sont tous centrés sur le milieu de la flottaison, ce qui implique que les centres de carènes sont tous placés au même endroit.

Pour la petite histoire, les voiliers de Farr remportent les deux premières places, celui de Laurie Davidson se contente de la sixième place, avec une victoire dans la dernière étape.

2005-2006

Pour l’édition suivante, la Volvo se démarque avec une nouvelle race de bateaux, les Volvo 70. Plus longs, relativement plus légers, plus toilés, avec des quilles basculantes et deux safrans possibles, ils héritent des progrès de l’America’s Cup comme ceux des TP52 ou des Open 60.
ABN Amro One


Juan Kouyoumdjian est le grand gagnant de l’épreuve, son ABN Amro One remporte 16 des 22 manches de cette course et son ABN Amro Two se classe quatrième, établissant un nouveau record de vitesse sur les 24 heures. Les quatre VO 70 de Bruce Farr, Pirates of Caribbean, Brasil, Ericsson et Movistar s’intercalent, et le voilier Australien conçu par Don Jones, Brunel, termine dernier.
©François Chevalier

Les plans de Juan exploitent au maximum la jauge, plus large, donc plus raide, étrave inversée et rasante, quille basculante pivotant à l’intérieur de la coque, ce qui augmente encore la raideur au près, carène fuyante sur la moitié arrière, dérive profonde, quille allongée avec une section réduite. Plus puissantes et plus planantes, ces coques s’imposent et vont marquer les carènes à venir. 

©François Chevalier

Bruce Farr a cherché la finesse et l’équilibre, avec un safran dans l’axe du voilier.

©François Chevalier

Quant à Don Jones, mal servi par un budget réduit, il avait créé un voilier plus conventionnel, plus rond et large, des formes avant pleines, avec une dérive unique en avant d’un mât très avancé et un cockpit très reculé.

2011-2012

Je n’ai pas eu l’occasion de finaliser les plans que j’avais préparés pour l’édition de 2008-2009, aucun magazine n’ayant donné suite à ma proposition de publier les plans des cinq cabinets d’architecte.

Pour 2011-2012, sur les trois architectes en lice, Juan K en dessine la moitié, l’Americain Puma skippé par Ken Read, le Français Groupama 4 mené par Franck Cammas et l’Espagnol Telefonica, mené par Iker Martinez. Farr Yacht Design en a dessiné un, Abu Dhabi ; le Chinois Sanya est l’ex-Telefonica Blue, un plan Farr, skippé par le vainqueur de 2006, Mike Sanderson. Enfin, Marcelino Botin, remarquable pour ses TP52, est l’auteur des plans de Camper pour ETNZ.

©François Chevalier 2012

 De façon la plus surprenante pour cette “Box Rule“, les plans des trois architectes s’avèrent totalement différents. Marcelino Botin a créé un véritable super TP52, fin, tendu à l’extrême, avec un centre de gravité très avancé, un bau reculé au trois-quarts de sa longueur et un tableau arrière rasant, des dérives immenses en arrière du mât, lui-même centré sur le milieu du voilier.

©François Chevalier 2012

Le plan de Farr rompt avec toutes les tendances. Considérant que ces voiliers planent dès la moindre brise, et stoppent brutalement dans les vagues trop abruptes, la coque doit se mettre au planning le plus vite possible, et basculer au près sans trop pivoter sur l’avant, afin d’augmenter la raideur. Résultat, une étrave monumentale, ronde et pleine, rasante, des flancs verticaux, un bau maximum autorisé dès la moitié du voilier, une ligne de flottaison large et centrée, des formes tendues mais douces, des dérives fines et élaborées, pratiquement verticales et proches de l’axe. Le pont est bombé sur l’avant, sans marquage de roof.

©François Chevalier 2012

Juan K a développé ses plans précédents en optimisant tous les avantages déjà acquis lors de la dernière édition remportée par le Suédois Ericsson. Des formes avant très élaborées, bien visibles sur les sections avant, sous un bouchain qui se prolonge jusqu’à l’étrave ; des fonds plats dès l’étrave, garantissant un départ au planning et écartant l’axe du voilier à la gîte pour une plus grande raideur ; des  fonds arrière épousant la forme de la vague, afin de favoriser le prolongement du sillage et d’allonger la vague définissant la vitesse limite. Toutes ces caractéristiques ont démontré leurs avantages sur les autres concurrents, les trois voiliers conçus par Juan sont actuellement en tête de la course.

Cependant il convient de remarquer les points communs aux trois concepteurs : L’exploitation de la largeur maximun de la jauge et des appendices assez semblables.

En ce qui concerne les avaries survenues lors des étapes précédentes, sans prétendre détenir une vérité, les voiliers de la nouvelle génération sont soumis à des efforts jamais encore atteints, et leurs formes ne favorisent pas particulièrement l’impact des tonnes d’eau qu’ils reçoivent à un rythme aussi soutenu. Bravo aux voiliers qui ont tenu bon !
 Bravo aussi à tous ces marins qui résistent aux paquets de mer et à l’inconfort extérieur comme intérieur …

JUAN KOUYOUMDJIAN LETTER EDITED IN SCUTTLEBUTTEUROPE N° 2568/APRIL 12th 2012  Edited with the kind Juan K's agreement

With our 3 boats safely in Brazil and under the risk of sounding arrogant, I’ll break away from my golden rule of not speaking until the end of the race to put the record straight since I believe we are presented with an intentional manipulation of the truth.

There is a common, spread notion that ALL the participants of this VOR have structural problems, that the situation is unacceptable and that something needs to be done for the future. A fundamental distinction needs to be done between the mast breakages and the rest, and whilst I think it is very important to understand what caused so many mast failures, it is a travesty of the truth to put ALL designs in the same basket when it comes down to the “other” structural issues.

This generalization might suit a specific Team, or person to push any agenda he might have for the future, but out of respect of the hard and serious work done with my Team I need to speak up.

In the first edition of the VO70s, we had 2 triumphs to celebrate that as designers we are very proud of. One is obviously that our design was driven to victory by a very good crew and the other one is that our 2 boats were the only ones that completed the full circumnavigation without major structural problems. This celebration was faded by the public generalization that because one boat sunk and others had structural failures, then ALL of the boats had problems and the rules had to be changed. Which in fact they did, for the worse! I didn’t say anything publicly then and moved on. However, seeing the same generalization occurring now, I’d like to stick to the facts and so allow for conclusions to be made without generalizations.

- A VO70 cannot be designed not to break. In fact, any boat in a round the world race cannot be designed not to break. So ultimately, breakages are in the hands of the crew.
Puma won leg 5 without a major structural problem and this due to the excellence and experience of its crew.
Telefonica finished 2nd in leg 5 with a hull delamination in port mid bow which did not prevent her from racing.
Telefonica’s pit stop in Cape Horn was not a necessity but rather a very clever strategical decision based on having 3rd place assured and a weather window to exploit.
Groupama, notwithstanding of an excellent management of the boat during leg 5 to see misfortune hit them with a broken mast, has sailed on her own means to Brazil without structural problems.

So, while we focus in understanding why there have been so many problems with the rigs, I’d beg not to generalize and avoid putting in the same basket the good work and brilliance of some engineers with that of others which are clearly not the same.

LETTRE DE JUAN KOUYOUMDJIAN PUBLIÉE LE 12 AVRIL 2012 DANS SCUTTLEBUTTEUROPE N°2568 - Publiée avec l'aimable autorisation de Juan K

Avec nos trois bateaux arrivés sains et saufs au Brésil et au risque de paraître quelque peu arrogant, je transgresse ma règle d’or qui consiste à ne jamais parler avant la fin de la course. Je tiens en effet à remettre les choses en place car j’estime que l’on présente les choses avec l’intention de manipuler la vérité.

Il est aujourd’hui communément admis que TOUS les bateaux participants à cette VOR (Volvo Ocean Race) ont des problèmes structurels, que cette situation est inacceptable et qu’il faut faire quelque chose dans le futur pour y remédier. A mon avis, il est fondamental de faire une distinction entre les bris de mâts et le reste. Et, alors même que je pense qu’il est très important de comprendre ce qui a pu causer autant bris de mâts, c’est travestir la vérité que de mettre TOUS les plans dans le même panier alors que la question relève de problèmes de structure bien « différents. »
Il se peut que cette généralisation puisse convenir à un Team spécifique, ou à une personne souhaitant mettre en avant un quelconque programme qu’elle peut envisager dans l’avenir, mais par respect pour le travail acharné et sérieux que mon équipe et moi-même avons mené, je ne peux m’empêcher de m’exprimer.
Lors de la première édition de la Volvo en 70 pieds, nous avons eu le bonheur, en tant que concepteurs, de pouvoir célébrer deux triomphes dont nous sommes très fiers. L’un s’explique à l’évidence par notre dessin qui a été mené à la victoire par un très bon équipage, l’autre vient du fait que nos deux bateaux furent les deux seuls à effectuer le tour de monde dans sa totalité sans problème structurel majeur ! Ce succès a été quelque peu occulté par la mise en avant auprès du public du naufrage d’un bateau et des ennuis de structure que d’autres avaient connu. En conséquence de quoi, TOUS les bateaux ayant eu des problèmes, il était obligatoire de changer les règles. C’est ce qui a été fait, mais en pire ! Je n’ai alors rien dit publiquement et ne m’en suis plus occupé. Cependant, constatant que cette même généralisation se reproduit aujourd’hui, je souhaite m’en tenir aux faits afin de pouvoir en tirer des conclusions, sans toutefois généraliser.
- Un VO70 ne peut être conçu pour ne pas casser. En fait, n’importe quel bateau engagé dans une course autour du monde ne peut être dessiné pour ne pas casser. Ce qui, en fin de compte, laisse entre les mains de l’équipage ces questions de rupture !
- Puma a gagné la 5e manche sans problème structurel majeur et cela s’explique par l’excellence et l’expérience de son équipage.
- Telefonica a fini deuxième de cette 5e manche avec une délamination de la coque sur bâbord au milieu de l’étrave ce qui ne l’a pas empêché de courir.
- Le bref arrêt de Telefonica au Cap Horn n’était pas nécessaire mais cela a plutôt été une décision stratégique, très intelligente, basée sur le fait que la 3e place était alors assurée et qu’il y avait une fenêtre météo à exploiter.
- Nonobstant une excellente gestion du bateau pendant cette 5e manche et la malchance de casser son mât, Groupama a rallié par ses propres moyens le Brésil, sans problème de structure !

Ainsi et alors que nous nous concentrons pour comprendre pourquoi il y a eu autant de problèmes de gréement, je vous prie de ne pas généraliser et d’éviter de mettre dans le même panier l’excellent et brillant travail de quelques ingénieurs avec celui de ceux qui ne sont pas, à l’évidence, de la même engeance.






vendredi 13 avril 2012

AMERICA'S CUP - AC45 PLANS - AC45 LINES AND SAIL PLAN - ACWS CATAMARAN

©François Chevalier


















When I drew up these plans on layer, I have watched moulds of the hulls that everybody could watch of the official website. So I was able to draw the lines plan with relatively good accuracy. As soon as the boat got his beams, I was able to finalize the deck plan.

The development of the AC45 lines plan, computer designed should answer to multiple purposes in order to be able to maneuver leeward with the windward hull well above water. The bow should be as narrow as possible without to run into the first wave and to give crew and wing a toss! Thus the half forward part of the hull needed significant reserve buoyancy.

Indeed, in contrast to the C Class catamaran, the AC45 owns a generous headsail wardrobe. To reduce frictional surface with the water, the shape of the bottom should be as round as possible without being too deep. In the same way, the top of the hull should allow the best water flow that would over-helm the bow. From the central beam, the hull forms are slightly flatter in order to facilitate surfing but also sufficiently round for reducing the wetted surface.

In view of the he power of the wing, as soon as its incidence is trim with a maximum lift, the aft volumes are never sufficient to prevent the boat cambering. In the opposite, there are never enough forward volumes to avoid diving during collision with a wave at full acceleration.

For maintenance and reliability reasons, the wing of an AC45 has a deliberately simplistic conception. It has only two mobile profiles while 24 years ago the catamaran Stars & Stripes had a wing fitted with a trailing edge steerable on the profile support. The crews have enjoyed to the practical implementation of this first step aboard these new generation racers. It will be quite different aboard the AC72. Here, the conception of the wing elements is free but inside a fairly strict perimeter. We will talk about later.

To conclude, it should not be difficult to design a faster catamaran than the AC45. However it was not the goal, and despite the above, it is a fantastic toy!

By François Chevalier

AC 45 data:

Designers: Oracle Design Team & Mike Drummond
Builder: Core Builders (NZ), Cookson Boats (NZ)
Launching date: January 17th, 2011
Type: Wingsail catamaran
LOA: 44.13’
LWL: 44.13’
Beam: 22.6’
Draft:
Displacement: 1.400 kg
Mast height: 70.5’
Sail Area – wing + reacher: 1430 sq. ft. (up wind)
Sail Area – wing + gennaker: 2,259 sq. ft. (down wind)
©François Chevalier
Pour réaliser ces plans, dessinés sur calque, j’ai observé la construction des moules des coques que tout le monde a pu voir sur le site officiel et ainsi j’ai pu dessiner le plan de formes avec une assez bonne précision. Dès que le voilier a reçu ses poutres, j’ai pu finaliser le plan de pont.

L’élaboration des plans de formes de l’AC45, conçus sur ordinateur, devait répondre à plusieurs impératifs pour pouvoir manœuvrer sous le vent, avec l’autre flotteur bien au-dessus de l’eau. L’avant devait être le plus fin possible, sans pour autant se planter dans la première vague et envoyer l’équipage, et l’aile, ad patres. Donc il fallait une bonne réserve de flottabilité sur la moitié avant.



En effet, contrairement aux catamarans de la Class C, l’AC45 possède une généreuse garde-robe de voiles d’avant. Pour réduire les surfaces de frottement avec l’eau, la forme de la carène devait être la plus ronde possible, sans être trop creuse. De la même façon, le dessus devait permettre le meilleur écoulement des eaux qui ne manqueraient pas d’envahir l’étrave. À partir de la poutre centrale, les formes de la carène sont légèrement plus plates, afin de faciliter le planning, tout en restant suffisamment arrondies pour diminuer la surface mouillée.

Vu la puissance de l’aile dès que son incidence est réglée avec un maximum de portance, il n’y a jamais assez de volumes à l’arrière pour éviter que le voilier se cambre. À l’inverse, il n’y a jamais assez de volume à l’avant pour empêcher un enfournement lors d’un choc dans une vague en pleine accélération.

L’aile des AC45 est volontairement, pour des raisons de maintenance et de fiabilité, d’une conception simpliste, avec juste deux profils mobiles, alors qu’il y a 24 ans, le catamaran Stars and Stripes possédait un bord de fuite orientable sur le profil porteur. Les participants ont apprécié cette étape de mise en condition de ces engins de la nouvelle génération, il en sera tout autrement sur les AC72 où la conception des éléments de l’aile, à l’intérieur d’un périmètre assez stricte dont nous en reparlerons bientôt, reste libre.

En conclusion, il ne serait pas bien compliqué de concevoir un catamaran plus performant que l’AC45, mais ce n’était pas le but, et c’est, malgré tout ce qui vient d’être dit, un sacré engin !



Par François Chevalier




Fiche technique de l’AC45 :


Architecte : Oracle Design Team et Mike Drummond
Chantier : Core Builders (NZ), Cookson Boats (NZ)
Mise à l’eau : 17 janvier 2011
Catamaran à aile rigide
Longueur : 13,45 m
Flottaison : 13,45 m
Bau : 6,90 m
Tirant d’eau : 1,34/2,40 m
Déplacement :  1,4 t
Hauteur de l’aile : 21,5 m, augmentée d’un élément de 4 m
Voilure, Aile + reacher : 133 m2
Voilure, Aile + gennaker : 210 m2

©François Chevalier

mardi 10 avril 2012

WINGS & WING SAILS – AC45 versus AC72 - USA-17 - ARTEMIS - GITANA XII - MOD70


For quite some time now, the size of the AC72 is subject of recurrent criticisms: huge size, maneuverability delicate if not dangerous, tremendous costs, and so on.


By François Chevalier & Jacques Taglang.

Though we would prefer to avoid argument on terminology, few clarifications should be made:

The AC72 (catamaran of 72’ LOA) is only 2 feet longer than the MOD70 (MultiOneDesign 70 – trimaran of 70’ LOA). We must note that to date 7 teams have announced they will race the 2012 season.

Of course, the air draught of the AC72 is 131.23’ high to be compared to the 95.15’ of the MOD70. But this has nothing to do with the excessiveness of Oracle USA-17, the 2010 winner of the Cup, its very top emerging at 223’, that means 91.86’ beyond the one of the future AC72.

Of course, the air draught of the AC72 is 131.23’ high to be compared to the 95.15’ of the MOD70. But this has nothing to do with the excessiveness of Oracle USA-17, the 2010 winner of the Cup, its very top emerging at 223’, that means 91.86’ beyond the one of the future AC72.

But let’s go back to the air draught of the AC72. So we have to look at the evidence: the race course of the America’s Cup is close to the coast, in front of a race committee deciding at its sole discretion if the race can be sailed or not. On the opposite the sail plan of the MOD70 has been adapted in order to provide more safety when ocean sailing. For more safety it has been reduced by 5% regarding the trimaran ORMA60 (100’ of air draught)! (Have a look on the yellow doted lines on the drawing of the Gitana XII sail plan and the drawing of Artemis wingsail in the news dated of last March 30th and April 1st).

The America’s Cup has always been a competition for yachtsmen’s elite. The eleven crewmembers aboard the AC72 will have a lot to do! However the wingsail trim – technically demanding – should be kept out of their reach as soon as they will have mastered it (on that point the AC45 is more than a gadget!)

With the help of the economic crisis – in the thirties the America’s Cup was affected by the economic crisis (that didn’t prevent the advent of the J Class) then, it was also the case in the post war times (the advent of the 12 Meter in 1958) – all the teams will look for a constant cost control. The agreement between Oracle (USA) and Energy Team (FRA) is an excellent example.


©François Chevalier


Depuis quelques temps déjà, le format des AC72 fait l’objet de critiques récurrentes : gigantisme outré, manœuvrabilité discutable voire dangereuse, coûts exorbitants, etc.
Par François Chevalier & Jacques Taglang.


Sans vouloir entrer dans la polémique, il n’est pas inutile d’apporter quelques précisions :

L’AC72 (catamaran de 22 m hors tout) ne mesure que 61 cm de plus que les MOD70 (MultiOneDesign 70 – trimaran de 21,20 m de longueur hors tout). A noter que, pour le moment, 7 équipes se sont annoncées pour disputer la saison 2012.

Certes, le tirant d’air de l’AC72 affiche 40 m contre 29 m au MOD70. Mais cela n’a rien à voir avec la démesure d’Oracle USA-17 le vainqueur de 2010 qui pointe le haut de son mât à 68 m soit 28 m au-delà de celui du futur AC72 !

Mais revenons au tirant d’air de l’AC72. Il faut se rendre à l’évidence : l’America’s Cup se dispute selon un circuit côtier, devant un jury de course qui maîtrise à tout moment la décision de donner ou non le départ d’une régate, voire de l’annuler si les conditions météo empirent durant l’épreuve. A l’inverse, le plan de voilure du MOD70 est adapté à un programme océanique. Pour plus de sécurité, il a été réduit de 5% par rapport aux trimarans ORMA60 (30,48 m de tirant d’air) ! (Voir le pointillé jaune de la voilure de Gitana XII sur le dessin de l’aile d’Artemis dans les news du 30 mars et du 1er avril dernier).

Depuis toujours, l’America’s Cup est une épreuve ouverte à l’élite des régatiers. Les onze hommes d’équipage auront beaucoup à faire à bord de l’AC72. Toutefois, la manœuvre de l’aile – exigeante et technique – restera à leur portée dès lors qu’ils en auront acquis la maîtrise et que les préliminaires à bord des AC45 sont plus qu'appropriés !

Crise économique aidant – une situation que l’America’s Cup a déjà connue dans les années trente (cela n’a pas empêché l’avènement des J Class) puis, dans les années d’après guerre (entrée des 12 Mètre JI en 1958) – la crise économique donc, induira obligatoirement la recherche permanente de la maîtrises des coûts. L’accord passé entre Oracle (USA) et Energy Team (FRA) en est un bel exemple.



©François Chevalier










mercredi 4 avril 2012

The battle of wings - La bataille des ailes: SL33 AC45 AC72 ARTEMIS, ex-GITANA XII ORACLE USA-17 CATAMARAN or TRIMARAN ?

SL33   AC45   AC72   ARTEMIS, ex-GITANA XII  ORACLE USA-17: 


Catamaran or/ou Trimaran?


34th AMERICA'S CUP



THE BATTLE OF WINGS  - - - LA BATAILLE DES AILES
by/par François Chevalier & Jacques Taglang




The 34th America’s Cup Protocol doesn’t allow to the teams to trial more than one month aboard AC45 and catamaran exceeding 10 meter LWL.

This rule reduces the possibilities to test for long period wing sails that will be fitted on the future AC72.

Artemis ex-Gitana XII is a trimaran, not a catamaran! Probably it is a way to get around this rule…

The New Zealand team has found another loophole: testing wings on a small scale aboard cats of less than 10 meter LWL – size allowed to freely training in the context of the next Cup!

Since the end of November 2011, the Kiwis are sailing aboard a small catamaran, the SL33 (10 meter LWL), a Melvin-Morelli’s design* (co-authors of the AC45 & AC72 rule), fitted with a wing sail. Another wing sail SL33 – both red wings being 19 meters tall, has just joined this first multihull.

The wing of these SL33s seems to show a mobile wing aft the trailing edge of the first element, instead to be divided into three elements: un small middle flap between the first and the third elements.

At this scale, the Kiwis may have built several configurations.

*Morrelli & Melvin Design and Engineering Inc., SL Performance Race Boats GmbH, Hakes Marine, Hall Spars, Nautik GmbH and North Sails France/ Germany. Following the builder of the SL33: "The concept is very similar to that of the new America’s Cup 72..."







© photo : Ben Gladwell
© photo : Ben Gladwell



LA BATAILLE DES AILES  - - - THE BATTLE OF THE WINGS
par/by François Chevalier & Jacques Taglang


Le protocole de la prochaine America’s Cup de 2013 ne permet pas aux futurs concurrents de s’entraîner plus d’un mois sur des catamarans de plus de 10 mètres de longueur de flottaison ! Hors les compétitions en AC45 des World Series !



Cela limite les possibilités de tester sur de longues périodes les ailes qui équiperont les AC72.

Artemis ex-Gitana XII est un trimaran..., et non un catamaran ! Un moyen de contourner le protocole ?

Les Néo-zélandais ont trouvé une autre échappatoire : tester des ailes à échelle réduite sur des catamarans de moins de 10 mètres – limite autorisée pour s’entraîner librement dans le contexte du prochain défi de la 34e Cup !

Depuis la fin novembre 2011, les Kiwis naviguent sur un petit catamaran, le SL33 (10 mètres de flottaison), un plan Melvin-Morelli*, les auteurs de la jauge des AC45 et AC72, doté d’une aile rigide qui a été récemment rejoint par un autre SL33 à aile rigide, toutes les deux de couleur rouge, hautes de 19 mètres !

L’aile des SL33 semble à volet mobile sur le bord de fuite du premier élément, plutôt qu’être composée de trois élément : un petit volet intermédiaire entre les 1er et 3ème éléments.

A cette échelle, les hommes de Team New Zealand ont pu se permettre de réaliser plusieurs configurations.

*Morrelli & Melvin Design and Engineering Inc., SL Performance Race Boats GmbH, Hakes Marine, Hall Spars, Nautik GmbH and North Sails France/ Germany.
Aux dires du constructeur du SL33, « Le concept est très similaire à celui du nouveau America’s Cup 72... »









dimanche 1 avril 2012




AC72 ARTEMIS ex-GITANA XII vs. ORACLE 2010


©François Chevalier
No comment...

vendredi 30 mars 2012

34th AMERICA'S CUP - WINGED TRIMARANS - ORACLE 2010 versus ARTEMIS GITANA XII 2012


AC72 ARTEMIS ex-GITANA XII vs. ORACLE 2010

COMPARISON BETWEEN THE WINGED TRIMARAN ORACLE 2010 vs. THE WINGED ARTEMIS-GITANA XII 2012
Height of the mast: Oracle is 28 meters (91'9") higher than Artemis ex-Gitana XII (AC72 mast)!


This comparison illustrates the fact the AC70 is outside the domain of gigantism...

The yellow and black dotted lines on the right design show the silhouette of Gitana XII. 


©François Chevalier

jeudi 29 mars 2012

33th AMERICA'S CUP - ALINGHI CATAMARAN - ORACLE TRIMARAN - PROFILES - WING SAIL

YACHT DESIGNS
CATAMARAN
TRIMARAN
WING SAIL
ALINGHI
ORACLE
VALENCIA 2010




©François Chevalier


More than two years ago...

Alinghi catamaran and Oracle trimaran in their original configuration. Some week later, before the Cup races, they both had their sail plan increased!

Il y a un peu plus de deux ans...

Alinghi le catamaran & defender suisse et Oracle, le trimaran & challenger américain dans leur configuration originale. Quelques temps plus tard, avant les épreuves de l'America's Cup, les deux plans de voilure furent augmentés !



©François Chevalier