mercredi 11 novembre 2020

VENDEE GLOBE CHALLENGE 2020-2021 - YACHT DESIGN

 

Quatre architectes pour huit nouveaux 


voiliers


 

Huit nouveaux IMOCA, quatre architectes, des silhouettes qui se ressemblent, mais pour les sections, rien à voir


 
                                                            
Comment se fait-il que quatre concepteurs de talent aient réalisé des voiliers si dissemblables? Cela rappelle les quatre premiers monocoques de l’America’s Cup, si différents, malgré une jauge qui semblait restreinte. 

La dernière édition de 2016 avait prouvé que les foils étaient l’avenir. Pour les créateurs, les options pures foil, et coques allégées par les foils, ont amené les maîtres d’œuvre à prendre des partis opposés.


En écoutant le discours de chacun, la démarche de leur réflexion les mène à des conclusions originales. Ce qui est sur, c’est que le vainqueur aura raison, et fera école, à moins que la jauge évolue vers plus de vol stationnaire. 


Il est encore un peu tôt pour savoir lequel des quatre nouveaux Imoca présentés ici est le plus véloce, Hugo BossApivia, Corum ou L’Occitane en Provence. Le premier à voler vraiment, Charal, nous a fait une belle démonstration. Oui, il vole! Et c’est bien parti pour qu’ils en fassent tous de même. 

 

 

Les huit derniers IMOCA

 



Sam Manuard, L’Occitane en Provence

©François Chevalier 2020

 

L’Occitane Armel Tripon



©François Chevalier 2020

L’Occitane Lines

 


Pour un premier IMOCA, on ne pouvait imaginer une telle révolution. Pourtant, Sam Manuard n’est pas du genre à vouloir faire un esclandre. Autodidacte, il aime son métier, et apprécie tout autant la conception, la construction que la navigation. Ses années Mini l’ont entraîné à la création dans une jauge très libre, et le milieu de la Class40 l’a conforté. Quatorze ans que Sam se fait plaisir. Le passage à l’IMOCA est le résultat de ses succès. Sam ne s’est pas démonté, il a visionné pendant des heures des vidéos d’IMOCA dans la mer formée, jusqu’à découvrir la forme qui pourrait passer sans tant de chocs et d’embruns. La recherche de vitesse pure n’est pas le but, si le voilier se plante régulièrement dans la vague. Résultat, un cigare, qui compte sur ses foils pour la raideur…

 



Juan Kouyoumdjian, Corum L’Epargne

 

©François Chevalier 2020

Corum Nicolas Troussel


©François Chevalier 2020


Corum 2020 Lines

 


Juan K adore trouver le trou de la jauge, cela le rend heureux! Mais cette jauge est finalement assez tordue… Concoctée par les coureurs et les architectes qui gagnent, elle n’a pas arrêté d’évoluer, pour éviter les excès et garantir un minimum de sécurité, tout en se souciant à limiter les coûts. Le voile de quille et le mât sont maintenant standard, et les épreuves de retournement, avec les mesures de moment de redressement aux petits angles, obligent les concepteurs à modérer leurs envies. Juan a cherché, tortillé les calculs, tenté l’impossible. Finalement, il a dessiné des formes peu probables pour assurer son amour de puissance. En créant un volume important sur les flancs, il détourne le problème et réussit à faire léger et raide, les foils feront le reste…


Autre réalisation : Arkea Paprec

 

©François Chevalier 2020

Arkea Paprec Sébastien Simon



 

VPLP, Hugo Boss

 

 

Hugo Boss Alex Thomson


©François Chevalier 2020

Hugo Boss Lines

 


Chez VPLP, Marc s’occupe des affaires courantes, série de croisière et projets d’avenir, les cargos à voile et autres navires du futur. Vincent, lui, se colle à la course. Il est parti à Vannes il y a bien longtemps pour profiter du bord de mer, le Bassin de l’Arsenal ne l’inspirait pas. Mais la course l’a rattrapé, et il faut sans cesse gagner! Hugo Boss est le seul plan quelque peu caricaturé, pour mieux illustrer les différences, en réalité, il est légèrement plus arrondi, Vincent le remarque, mais admet que c’est le parti architectural. L’ouverture latérale des fonds est faite pour glisser, pour éviter de taper. Du coup, la flottaison est étroite, peu de surface mouillée dans le petit temps, peu probable, dans un tour du monde. Il faut dire que le client connaît la route, et marchera pour vaincre…


Autres réalisations : Charal & DMG MORI

 

©François Chevalier 2020


Charal Jérémie Beyou


©François Chevalier 2020

DMG MORI Kojiro Shiraishi

 




Guillaume Verdier, Apivia

 

©François Chevalier 2020

Apivia Charles Dalin

©François Chevalier 2020

Apivia Lines


 

Pas facile de joindre Guillaume, toujours à l’autre bout du monde, et en vacances, en plus. Il en avait bien besoin… Inventeur de l’AC75 et de son concept, un monocoque à foils, sans quille, dont le lest est dans les foils, il bosse pour la défense de la Coupe. D’habitude, pour les IMOCA, il donnait son avis chez VPLP, et l’équipe gagnait tout ce qu’elle voulait. Pour Apivia, Guillaume est parti d’une feuille blanche. Avec son ami Benjamin Muyl, ils ont fait le tour des contraintes, connues et mesurées par les fibres optiques, et se sont basés sur la résistance du mât pour évaluer les limites de moment de redressement du voilier, en cherchant à diminuer le lest et le poids du bateau. Démarche originale, mais logique, où la carène doit être parfaite à des petits angles de gîte, en effleurant les vagues…


Autre réalisation : LinkedOut

 

©François Chevalier 2020

LinkedOut Thomas Ruyant



 

mardi 10 novembre 2020

VENDEE GLOBE CHALLENGE 2020-2021 - YACHT DESIGN

Four Designers for Eight New Yachts


 

Eight new IMOCA, four architects, silhouettes that look alike, but for the sections, there’s nothing similar! 


 
                                                           
What about the fact that four talented designers have created such very various racers? It recalls the first four monohulls of the America’s Cup, so different, in spite of a rule that seemed restricted.

The last 2016 edition demonstrated that foils were the future. For the developers, the pure foil options, and hulls lightened by the foils, steered the prime designers to choose opposing alternatives. 

 

Focusing on what each one explains, the approach of their reflection led them to reach innovative solutions. What is sure is that the winner will be proved right, and will set an original standard, unless the gauge evolves towards more hovering.

 

It’s still a bit early to know which one of the four brand-new IMOCA featured here is the fastest, between Hugo Boss, Apivia, Corum or L’Occitane en Provence. The very first one to really fly, Charal, showed us a wonderful display. Yes, she flies! And it’s well on the way for them to follow suit.

 

 

The new eight IMOCA

 



Sam Manuard, L’Occitane en Provence

©François Chevalier 2020

 

L’Occitane Armel Tripon



©François Chevalier 2020

L’Occitane Lines

 


For a first IMOCA, such a revolution couldn’t have been expected. Nevertheless, Sam Manuard isn’t the kind of person to make a controversy. As an autodidact, he loves his job and design, building and sailing as much as he does. His Mini years led him to create in a very free rule, and the Class40 environment granted him confidence. Fourteen years that Sam is enjoying himself. The switch to IMOCA is the outcome of his successes. Sam didn’t give up, he watched IMOCA videos for hours in the rough sea, until he discovered the shape that could sail through without so many crashes and sprays. The quest for pure speed isn’t the goal if the boat regularly plunges into the wave. Consequently, a cigar, which relies on its foils for rigidity…

 



Juan Kouyoumdjian, Corum L’Epargne

 

©François Chevalier 2020

Corum Nicolas Troussel


©François Chevalier 2020


Corum 2020 Lines

 


Juan K really loves to find the rule hole, it keeps him happy! But this rule is finally quite crooked… Compiled by the sailors and the designers who win, it hasn’t ceased to evolve, to avoid any excess and to ensure a minimum of safety, while preserving costs down. The fin keel and the mast are now standard, and the rollover tests, with the righting moment at small angles, are pushing the designers to temper their desires. Juan searched, tweaked the models, tried the impossible. Sometime, he developed unlikely shapes to cement his love of sturdiness. By creating a significant volume on the sides, he diverts the concern and manages to do light and rigid, the foils will do the job…


Another creation: Arkea Paprec

 

©François Chevalier 2020

Arkea Paprec Sébastien Simon



 

VPLP, Hugo Boss

 

 

Hugo Boss Alex Thomson


©François Chevalier 2020

Hugo Boss Lines

 


At VPLP, Marc (Van Peteghem) is in charge of the current business, cruise series and future projects, sailing cargoes and other vessels of the days to come. Vincent (Lauriot Prévost), for his part, focuses on racing. He left for Vannes a long time ago to enjoy the seaside, the Port de l’Arsenal (Paris) didn’t inspire him. But the fight has overtaken him, and you always have to win! Hugo Boss is the only plan somewhat caricatured, to better illustrate the differences; in truth, it’s rather more curved, Vincent notices it, yet admits that it’s the architectural side. The lateral back opening is designed to slide, to avoid hitting. As a result, the waterline is narrow, little wetted surface in light weather, improbable, in a round-the-world race. It must be said that the skipper is familiar with the way, and will sail to win…


Another achievements: Charal & DMG MORI

 

©François Chevalier 2020

Charal Jérémie Beyou


©François Chevalier 2020

DMG MORI Kojiro Shiraishi

 




Guillaume Verdier, Apivia

 

©François Chevalier 2020

Apivia Charles Dalin

©François Chevalier 2020

Apivia Lines


 

It’s not easy to reach Guillaume Verdier, always on the other end of the planet, and on holidays, of course. Inventor of the AC75 and its concept, a hydrofoil monohull, without keel, with ballast in the foils, he works for the Cup defense. Usually, for the IMOCA, he gave his opinion at VPLP, and the team won everything it wanted. For Apivia, Guillaume started from a blank sheet of paper. With his friend Benjamin Muyl, they went around the constraints, known and measured by the optical fibers, and based themselves on the mast’s resistance to evaluate the limits of the boat’s righting moment, trying to reduce its ballast and weight. An original, but logical process, where the hull has to be perfect at small angles of heels, by skimming the waves…


Another realization: LinkedOut

 

©François Chevalier 2020

LinkedOut Thomas Ruyant